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  Une affaire qui vaut de l'or [PV Desmond ]

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Aleth Vixenfield


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MessageSujet: Une affaire qui vaut de l'or [PV Desmond ]   Lun 31 Mar - 22:07

Etre journaliste à la gazette du sorcier est une grande satisfaction en soi. Peu importe le genre d'article, j'aime mon métier. Monsieur Badcoke m'avait alors confié une tâche que je comptais accomplir avec brio. Dans les faubourgs malfamés, entre deux poubelles, quelques rats errants et des bâtiments en ruines, une femme avait été retrouvée baignant dans son sang. Son corps avait par ailleurs été complètement désarticulé. Plusieurs personnes, quatre exactement avaient auparavant subis la folie meurtrière du monstre que la Gazette du Sorcier à nommé " Le Marionnettiste Ecarlate ". La violence du crime et le mystère qui en découle passionnaient les foules, ce qui signifiait une plus grande clientèle pour le journal. Un signe distinctif reliait les cinq premières victimes, toute étaient vêtues comme des poupées. Quant à la dernière, celle-ci fut trouvée nue. Avait elle subit quelques perversions sexuelles ? Nul ne le sait.

Je pris alors ma baguette, mon calepin magique et mon bel appareil photo, offert par la gazette gracieusement. Tout serait parfait, une fois que j'aurais passé le barrage formé par les Aurors. Ah ceux là, toujours dans nos pattes quand on a un scoop à annoncer ! Je réussis à me frayer tant bien que mal un passage et me retrouva assez près du corps de la victime pour la prendre en photo sous plusieurs angles. Bon j'avoue que ne pas vomir devant l'horreur de la scène ne fut pas une mince affaires. Je sortis alors mon calepin et commençait à lui dicter ce qu'il devait écrire sur ses pages blanches.

" Est-on en sécurité encore de nos jours ? Cette nuit, une femme fut sauvagement assassinée dans un quartier où nul ne veut mettre les pieds. Que faisait elle à cet endroit ? Qui était donc cette femme ? Tout porte à croire qu'il s'agirait du psychopathe que l'on surnomme " Le Marionnettiste Ecarlate", le modus operandi est le même, à une exception près, l'absence de vêtements de poupée sur la dernière victime. " Le Marionnetiste Ecarlate " veut-il brouiller les pistes, et ainsi narguer les Aurors en charge de cette affaire ? Ou est-ce l'oeuvre d'un admirateur aussi fou et dangereux que son modèle ? A l'heure qu'il est, l'enquête semble piétiner."

Je prend alors une pause et entame une cigarette, l'énième de ma journée. Sentir le tabac descendre dans ma gorge me procure un grand bien. Ah si seulement, je pouvais me prendre un petit café ou encore mieux, un verre de Cognac, tout serait parfait. Je m'aperçoit alors qu'un mendiant semble être apeuré. Il ferait un bon témoin, j'en suis persuadée. Ni une, ni deux, je me précipite à sa rencontre afin d'entamer une conversation, qui je l'espère porterait ses fruits.

" Bonjour Monsieur, je me présente, Miss Vixenfield, journaliste pour la Gazette du Sorcier. M'accorderiez-vous un peu de votre temps pour une petite entrevue ?"

" Hmm chai pas trop...j'ai pas l'habitude, mais vu qu't'es mignonne, je veux bien faire un effort..."

" Très bien, je vous en remercie. Bon nous allons commencer, détendez-vous, et tout se passera bien. Tout d'abord, connaissez-vous bien le quartier ? "

" Un peu mon n'veu, j'y crèche depuis dix ans. C'est pas facile, facile mais on s'y habitue. A force les rats sont délicieux à becqueter. "

Je retiens alors une envie de régurgiter à nouveau, décidément cet article aura mit mes intestins à rudes épreuves.

" Avez-vous déjà vu la victime dans les environs ?"

" Ah ça, non de non, une jolie donzelle comme ça, ça traîne pas dans le coin. Elle risquerait de donner faim à des charognards, et je peux vous l'dire ici, il y en a des tas ! Quand j'ai retrouvé le corps, vu que pas de chance, je traînais par là, à la recherche de quoi faire mon repas. J'étais pas à l'aise du tout. J'ai un petit problème avec la bibine, alors me suis dit qu'on allait m'accuser. Vous savez comment est la justice de nos jours. Mais elle était tellement mignonne. J'pouvais pas laisser pourrir son corps comme ça. Alors j'ai pris mon courage à une main, c'est assez pour boire à la bouteille et j'ai prévenu les gens qu'il faut pour ces trucs là. Enfin, je crois que j'ai bien fait, j'ai pas l'habitude. Je préfère les fuir que de me retrouver face à eux, vous comprenez pourquoi."

Le passage où l'homme me parla de son problème d'alcoolémie me semblait être une évidence, tant que les relents de son haleine en étaient quasiment insupportables. Je tenais un bon témoignage. Il accepta en me faisant promettre de ne pas divulguer son nom. Avait-il oublié qu'il ne me l'avait pas donné ? Une petite pause s'imposait alors. La clope au bec, je tentai de me rapprocher davantage de la victime, histoire de prendre des photos en gros plans. C'est toujours du bénéfice pour un article à sensations. Mais là, il va falloir que je sois sur mes gardes, pour l'instant on ne m'a pas enquiquiner. Si j'avais un compagnon pour égayer mes soirées, qui sont bien peu présentes, je pourrais dire que j'en ai une sacrée chance de cocue. J'écrase alors ma cigarette au sol, bon dieu que ça fait du bien !




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Desmond Dillinger


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MessageSujet: Re: Une affaire qui vaut de l'or [PV Desmond ]   Mer 2 Avr - 20:41

Il pleut sur la ville basse. Je traverse les ruelles du faubourg le visage bas, le regard dans le vide, me muant dans la foule en une ombre parfaite de ce qui m’entoure. Seules les volutes s’élevant de l’extrémité de ma cigarette pourraient trahir l’humanité qui réside sous le feutre sombre. Un appel du ministère, en ce début de soirée, m’a forcé à sortir de mon bain pour rejoindre ce quartier qui ne m’inspire rien, pour une affaire dont la solution semble n’inspirer personne. Et que fait le département lorsque ses vaillants soldats piétinent sur un cas ? Ils font appel à moi. Je pourrais y voir un compliment si je n’étais pas aussi las de tout cela ; de toutes ces fausses distinctions. Je ne suis pas arrivé au sommet de la chaîne du département sans faire preuve d’esprit, et ne peut que bien comprendre que si je ne suis aujourd’hui qu’appelé pour résoudre l’insolvable, c’est avant tout pour ne pas me voir ailleurs. Temps de paix, tu parles... La corruption est toujours aussi présente au sein du ministère, peut-être même plus qu’avant. La guerre avait au moins le mérite de présenter la corruption ouvertement aux yeux du monde. Aujourd’hui, elle se cache, elle se tapie dans l’ombre, mais j’ai plongé mon regard au plus profond de cette abîme, et j’y ai entendu un murmure me répondre. Des voix s’élèvent des ténèbres pour qui veut écouter. Encore faut-il seulement tendre l’oreille. Celui qui pense que la guerre est terminée est de ceux qui se crèvent les yeux pour voir et raconter le monde comme ils le voudraient.

Lorsque je rejoins la ruelle la plus crasseuse de ces faubourgs malfamés, la pluie s’est estompée pour laisser place à une fine bruine. Je hais la bruine. Si la pluie bat le pavé, elle a au moins le mérite d’en déloger la crasse. La bruine ne fait qu’entraver le regard et ralentir le mouvement. Je relève le col sombre de mon manteau de feutre pour relever le front et poser mon regard sur la scène qui me fait face et semble irrémédiablement figée. Dire que les aurors font du surplace sonnerait presque comme une tentative de compliment. Dans la grande majorité des cas, les aurors ne sont que des soldats, formés au combat pour une guerre que le ministère leur refuse. Envoyez les investir un terrain pour mener l’enquête et ils effaceront les indices en se convainquant d’avancer sur une piste qu’ils voudraient légitime. Un regard rapide à l’état des lieux me rassure sur un point : je suis arrivé suffisamment tôt pour ne pas leur laisser le temps de me gêner dans mon travail. La scène semble telle que découverte, et la présence de quelques badauds assistant au spectacle du gore me confirme que les aurors eux-mêmes n’ont pas encore pris le temps de les renvoyer vaquer à leurs occupations, trahissant leur arrivée presque aussi récente que la mienne. Je jette au sol le mégot fumant de ma cigarette, qui vient crisser dans un éclatement sourd au contact du pavé humide, puis je m’avance pour rejoindre mes semblants de collègues.

Ils sont deux, et non des moindres. Leeroy et Jenkins, deux exemples parfaits de ce que le département produit de plus désastreux. Il suffit de voir leurs muscles tendus même lorsqu’aucune menace n’environne leur position pour comprendre que ces deux-là sont des guerriers ; ils auraient leur place dans une arène de gladiateur ou au coeur d’un champ de bataille, mais en aucun cas sur une scène de crime. Pourquoi diable le ministère s’échine-t-il a tenter de faire réfléchir des hommes de la race de ceux qui pensent avec les poings ? Leeroy ou Jenkins n’enquêtent pas sur les meurtres. Tout au plus, ils les provoquent.

Je ne tarde pas à les expédier de ma scène, sous quelques prétextes rapidement improvisés. Inutile de trop réfléchir avec ces deux-là, ce n’est pas comme s’ils allaient relever le niveau ; qu’ils dispersent les spectateurs avant de retourner au bercail.

Le temps de jeter un oeil rapide à la scène et de sortir une nouvelle cigarette qui ne tarde à venir se glisser entre mes lèvres, et j’aperçois, perçant la brune qui ne cesse de retomber, une silhouette semblant bien refuser de s’éloigner. Les gladiateurs n’ont, de toute évidence, pas su faire convenablement la seule chose que je me suis risqué à leur demander. Soit. Je m’avance jusqu’à elle en tâtonnant mes poches à la recherche d’un briquet ou d’une allumette, en vain. Mon briquet a du se frayer un passage hors de mon manteau, ou peut-être ai-je eu affaire à un pickpocket aux ambitions bien modestes. Compte tenu du quartier, ça ne m’étonnerait en rien.

Et puis, je la vois. La brume semble se disperser quelque peu, suffisamment pour qu’enfin son image m’apparaisse. Jeune, blonde, un visage d’ange sur un corps à se damner et, peut-être plus titillant encore, une cigarette dans une main, un appareil photo dans l’autre. Les femmes qui fument ont toujours suscité un intérêt particulier chez moi ; il est en elles une forme de candeur contrastant en tout point avec l’absence parfaite de naïveté qui les semblerait les caractériser. Quant à l’appareil photo... Imaginez seulement le champ de possibilités que cela ouvre, pour peu que l’on couple l’appareil à ces courbes parfaites. Mais, pour le coup, et aussi aisément perverse soit-il, ce n’est pas à ces possibilités là que mon esprit s’éveille à la vue de cet appareil. Une journaliste. Comment se fait-il que les journalistes parviennent à arriver aussi tôt sur les scènes de crime ? Diable, elle est parvenue à arriver avant moi, et je suis auror ; pour peu, évidemment, que l’on puisse en tirer ne serait-ce qu’une once de prestige. Alors, oublions un instant toutes les pensées trop facilement osées qui me passent par l’esprit, que je parvienne à chasser de mon esprit cette idée de la voir me rejoindre dans ce bain que j’ai dû quitter trop précipitamment, et reprenons le costume du parfait petit pantin du ministère.

- Premièrement, que diable pensez-vous faire ici ? Deuxièmement, auriez-vous du feu ?
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Aleth Vixenfield


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MessageSujet: Re: Une affaire qui vaut de l'or [PV Desmond ]   Mer 2 Avr - 22:12

Après la tranquillité vient les enquiquinements. Deux balourds du Ministère arrivèrent en trombe pour ejecter manu-militari les quelques spectateurs de la scène. Bien évidemment l'homme que j'avais interviewé avait pris la fuite entre les jambes en voyant ces deux là. Spartacus et Rocky, surnom que je leur ai donné sans qu'ils le sachent, ont bien essayé de me faire quitter les lieux du crime. Ce ne sont pas quelques biscotos de malabars qui auront raison de mon ambition ! Je tiens un scoop en or. Tout comme un pêcheur qui a un gros poisson sur sa ligne, je ne compte pas lâcher prise. C'est avec un peu de charme et beaucoup de culot que j'arrive à me débarrasser des deux lourdeaux. Aussi musclés soient-ils, ils ne semblent pas être résistants à mes charmes. Et c'est  tant mieux pour mon matricule.

Je continue alors mon oeuvre, prenant des notes par ci, par là. Je tente de discriminer un peu le Ministère, mais revient vite en arrière. Faut pas toucher au Ministère de la Magie m'a t-on dit. La gazette et eux c'est une entente cordiale, ils nous laisse faire à peu près nos papiers tranquillement, en échange eux nous offres quelques avantages. Du gagnant, gagnant. J'en avais tellement soupé de ce genre de ritournelles, que le fait de l'oublier, reviendrait à être victime d'un sort d'oubliette. Mais en attendant, les avantages, je les attends toujours. Et si j'allais prochainement rendre visite à mon ancien compagnon de jeu, Andrew Burton, maintenant qu'il a prit la tête du Département de la Justice, j'aurais peut-être quelques faveurs. Ah que c'est beau de rêver ! Je fume lentement ma cigarette. J'aime toujours profiter de ce moment de détente.

C'est alors que perdue dans mes pensées, un homme, vient à ma rencontre. Bien différents des deux balourds croisés auparavant, il n'y a pas photo. Son accoutrement contraste avec les lieux et les autres personnes. A mon humble avis, je doute qu'il soit là pour faire la manche ou balayer les ruelles, qui, soient dit en passant aurait besoin d'un bon coup de ménage. D'un coup de pied bien placé, je me débarrasse alors d'un rat qui avait pris ma jambe pour une discothèque. A la question que l'homme, qui je l'avoue est bien charmant de près. Tout à fait mon style d'homme, me demande ce que je fais sur les lieux et en profite pour savoir si j'avais du feu. C'est avec un sourire mutin que je lui répond :

- Je ne fais que mon travail mon cher Monsieur. Pour ce qui est du feu, j'en ai et veux bien vous le prêter. Mais il s'appelle revient, c'est mon dernier.

Je lui tend alors mon briquet, en tentant de cacher l'inscription qu'il y avait écrit dessus " moi aussi j'aime qu'on m'allume et plus si affinités" et le dessin assez olé olé de deux lapins en train de s'amuser joyeusement. La prochaine fois, que l'on m'offrira ce genre de cadeau, je le jetterai à la figure de son donneur.

Je m'adresse alors à nouveau à mon interlocuteur:

- A qui ai-je donc l'honneur ? Au vu de vos habits et de votre question, je vous vois mal être un simple passant. Comparé à tout ceux que j'ai pu croiser ici, vous êtes un homme bien charmant, avec qui on jouerait volontiers à des jeux interdits. A un autre moment, je vous aurait sans doute inviter à prendre un café et plus si affinités.

Soudain, un flash me revient en mémoire. J'avais déjà vu sa tête quelque part. Bon sang mais c'est bien sûr ! Comment avais-je pu passer à côté. L'homme à qui je venais de donner du feu était un auror réputé et pas n'importe lequel, il s'agissait de Desmond Dillinger, grand Auror, spécialisé dans les affaires insolvables. Un Sherlock Holmes du monde magique en fin de compte. Et dire que je venais de lui faire du bringue ouvertement. J'essaye alors de redevenir le plus professionnelle possible, afin de me donner une nouvelle contenance.

- Un crime pareil, c'est bien moche n'est-ce pas ? Pauvre femme, je doute qu'elle avait mérité cela. En même temps je pense que personne ne mérite un tel traitement.

J'entame alors une cigarette, la dernière de mon paquet malheureusement.

-Au moins si sa mort pouvais empêcher d'autres victimes, par le biais informatif ce serait une belle avancée. Après tout la Gazette du Sorcier sert à cela aussi. Si vous êtes bien celui que je pense, la crème des Aurors, surnom que j'ai pu entendre de vos admirateurs, j'oserai vous demander de m'accorder une petite interview. Sinon, rien à voir, les deux Malabars sont avec vous ?

Nul journaliste de la Gazette n'avait encore réussit cet exploit, mais comme on le dit souvent " qui ne tente rien n'a rien ", alors j'ai tenté ma chance.




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Desmond Dillinger


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MessageSujet: Re: Une affaire qui vaut de l'or [PV Desmond ]   Dim 27 Avr - 5:02

J’ôte délicatement le briquet métallique d’entre ses doigts pour venir en faire claquer le couvercle entre les miens. La flamme illumine un instant mon regard bas pour venir embraser l’extrémité de ma cigarette. Les premières volutes s’élèvent, épaisses, et je referme le briquet pour l’observer d’un peu plus près tandis que je l’entend d’une oreille me demander mon nom. Sans ne relever le regard de cette vulgaire illustration, je répond.

- Desmond Dillinger.

Mon regard reste ancré sur l’objet, que j’inspecte rapidement. Sa valeur n’est de toute évidence pas des moins onéreuses. Sans tomber dans le grand luxe, les briquets de ce genre n’en tombent pas pour autant dans l’accessibilité la plus première, mais je ne peux que noter les différentes imperfections et rayures qui en maculent la surface. Pour autant, les vêtements qu’elle arbore ne sont pas griffés de la haute couture. En d’autres termes, elle n’a pas les moyens de traiter un objet d’une telle valeur, aussi relative soit-elle, avec autant de dédain. La possibilité la plus probable pour que cet objet soit traité avec autant de mépris soit que celui-ci ne soit d’aucune valeur sentimentale ou esthétique pour elle. Pourquoi consacrer son argent à l’achat d’un tel objet lorsque le dit objet ne lui plait pas ?

Elle poursuit sa diatribe, mais je n’écoute toujours que d’une oreille. Ces paroles conventionnelles sont semblables aux conversations de gare. On parle pour meubler le temps, dans l’attente de l’arrivée du train ; dans l’attente des adieux. À mesure que l’heure passe et qu’approche l’heure du départ, la conversation se concentre pour mieux se recentrer. On en vient aux propos essentiels, aux informations réelles. La conversation se porte enfin sur ce que l’on espérait pouvoir dire depuis tout ce temps ; mais il est déjà trop tard. Et je n’ai pas le temps d’être pris de court.

Pour autant, si je m’admets bien volontiers n’écouter qu’à moitié, je ne suis pas parfaitement sourd et ses paroles me parviennent. Sa réflexion l’illumine, et voici qu’elle brille d’une vision nouvelle. Elle me demande une interview. Oui, pour être parfaitement honnête, je n’ai pas écouté la totalité de ses paroles, mais mon orgueil légendaire me pousse presque instinctivement à recentrer mon attention lorsque le choix du sujet se porte sur moi.

Ceci étant, mon regard reste toujours centré sur le briquet. Et toujours, cette question : pourquoi faire ce choix si cet objet ne lui a jamais réellement plu ? C’est évident. Elle ne l’a pas acheté. C’est un cadeau et, de toute évidence encore une fois, un cadeau qui ne lui plait qu’à moitié. Certes, son aspect pratique n’est en rien remis en question. Pour autant, cette illustration était-elle réellement nécessaire ? Pas pour mon acolyte, c’est certain.

Je marque un léger silence après sa question, avant de relever les yeux en sa direction, quittant le briquet du regard pour le plonger au plus profond du sien. Je relève l’objet métallique entre nous deux, l’offrant ainsi à sa vue pour le lui signifier avant de tendre quelque peu la main pour venir glisser directement le briquet au fond de la poche de son pantalon. Il ne me sera plus d’aucune utilité maintenant, aussi je peux reprendre ce semblant de socialisation.

- Vous ne m’avez pas dit votre nom.

Oui, ça n’était en rien le sens de sa question, mais ça n’en est pas moins ma réponse. Car son nom est tout ce qui me manque. Pour le reste, je ne devrais pas avoir besoin de son aide. Elle n’aime pas l’illustration de son briquet, ce qui prouve un penchant certain pour un minimum de bon goût, ce qui peut aisément être confirmé par ailleurs par le choix de ses vêtements et la discrétion de son maquillage, qui ne vient que relever ses atouts plutôt que de tenter de masquer d’hypothétiques inélégances. Pour autant, elle ne se gêne en rien d’utiliser cet objet à l’iconographie plus que douteuse, prouvant par la même ne pas réellement se soucier tant du qu’en dira-t-on que de son ego. Certes, elle a de l’orgueil, mais elle possède un recul certain, prouvant au passage une intelligence affirmée, et elle n’est pas le genre de personne à trop se prendre au sérieux. De là à en déduire l’image qu’elle a d’elle-même, il n’y a qu’un pas. Ce que vient par ailleurs nourrir mes observations quant à son rôle. En dépit d’une jeunesse encore resplendissante, la voici déjà dans les rues, et non à multiplier les traversées frénétiques des locaux de la gazette à préparer des cafés et remettre des colis aux journalistes plus réputés, en vue de se faire bien voir. Celle-ci n’est pas de ceux qui veulent être appréciés pour leur gentillesse ou leurs faveurs. Elle veut être appréciée pour ses qualités professionnelles. Et la voici à arpenter les rues à la recherche du scoop qui lui permettra de sortir du lot. Elle veut s’illustrer, ce qui explique son manque de réticence à l’idée de prendre des risques, ne se gênant en rien de venir me réclamer cette interview. Elle veut réussir là où ses collègues ont échoué. Pour autant, elle est encore jeune, et sa recherche de l’admiration et de l’épanouissement est balancé par une recherche de structure. Elle rêve de voler de ses propres ailes mais ses failles plus profondes l’empêchent de se savoir pleinement susceptible de voler au plus près du soleil. Elle rêve de briller, mais je suis prêt à parier qu’elle se plait tout autant à être dominée. Voilà qui est intéressant.

Mais revenons en à nos affaires. Et c’est un meurtre dont il s’agit, pour le coup. Elle veut une interview ? Voyons si elle la mérite.

- Vous attendez de moi que je vous fasse cette faveur ? Pourquoi diable devrais-je vous faire ce plaisir que j’ai toujours refusé à vos collègues ? Pensez-vous réellement que vous le méritez ?

Je désigne d’un geste rapide de la tête la scène de crime.

- Voyons si vous êtes à la hauteur. Observez donc encore une fois cette scène si vos photos ne vous ont pas suffit, et faites moi part de la moindre de vos conclusions ou, du moins, de vos théories sur ce sujet.
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Aleth Vixenfield


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MessageSujet: Re: Une affaire qui vaut de l'or [PV Desmond ]   Lun 28 Avr - 20:38

L'Auror semble avoir les yeux rivés sur mon briquets et ses illustrations scandaleusement ridicule. C'est bien ma veine, la prochaine fois je me contenterai d'apporter mes allumettes. Pendant un instant, je me sens scrutée de part en part, sans doute une déformation professionnelle. Pendant que les silences demeures, mes pensées divaguent. Puis vient la question qui coupe court à toute rêverie. Une demande simple et formelle que j'avais quelque peu omise, celle de connaître mon nom. Bien qu'il existe plusieurs manière de se présenter, faire le bon choix parait être un défi aussi difficile que de passer ses BUSES en  trentes six langues moldues différentes et en langage gobelin. Surtout quand un homme de sa prestance remet votre briquet dans la poche de votre pantalon. J'opte pour la réponse la plus simple. Sans chichi, ça fera l'affaire.

- Autant pour moi. Aleth Vixenfield.

D'habitude, j'aurai demandé à mon amie la cigarette de m'aider à garder une certaine contenance. Aleth ressaisis toi ma vieille, soit professionnelle ! Je feins alors de jouer l'indifférente, lorsqu'il me demande en quoi je mériterais de lui accorder une interview. Encore un qui a l'égo surdimensionné. Pourquoi faut-il qu'ils m'attirent ceux-là.

- Vos courriers de refus jonchent les tiroirs de la gazette, et malgré tout nous continuons de vous demander cette faveur. Je ne pense pas mériter plus qu'un autre journaliste, une entrevue avec vous. Mais si on envisage la question sous un autre angle. Mériteriez-vous que l'on vous questionne et que l'on vous honore. Vous avez été un des pilier des affrontements récents, je ne le nie pas. Pour autant doit on prendre la peine de faire tant d'efforts pour votre gloire ?

Je marque alors une pause, avant de reprendre :

Etre journaliste n'est pas un métier facile tous les jours. Nous risquons nos vies, nous oublions toute vie de famille, nous nous faisons traiter de grattes-papier et de fouilles-merdes et malgré tout nous continuons, parce que tout simplement pour nous, il s'agit d'une vocation. Maintenant vous me demander de regarder à nouveau cette scène de crime et d'en tirer des théories. N'est-ce pas votre métier ? Ce que je vois, c'est le corps complètement désarticulée d'une fille qui à mon âge environ. Il pourrais s'agir d'un nouveau meurtre commis par le Marionnettiste Ecarlate, ou bien d'un copycat, ou tout autre chose. Qu'en sais-je, je ne suis que journaliste. Pas auror.

Prendrait-il mal mes propos, après tout, je n'ai pas été très tendre avec lui, je le reconnais, mais parfois un bourre-pif vaut mieux que des paroles mielleuses qui cachent du vinaigre.

Je feins de l'ignorer en marchant près de lui l'air de rien, mais lorsque je le vois de dos, je ne peux m'empêcher de penser qu'il a de belles fesses, Aleth calme-toi ma cocotte ! Avant de m'éloigner un peu mais pas trop loin car avoir une belle vue à portée de yeux, c'est toujours agréable, je me permets alors une nouvelle effronterie.

- Vous pouvez refuser mon interview,  sachez qu'un jour j'écrirai quand même un article sur vous.




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Une affaire qui vaut de l'or [PV Desmond ]

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